|
L'Association
Compte-rendu de la visite de Madame KUNKO en France
COMPTE-RENDU
DE LA
REUNION
DE TRAVAIL AU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES (MAI)
DU
Jeudi 30 Mai 2002,
Dans le cadre de la visite officielle de madame Kunko en France, invitée par la
mission de l’adoption internationale, à l’initiative de l’APAEU
Étaient présents:
Pour la délégation ukrainienne: Mme
Tamara Kunko (directrice du centre d’adoption), Olga Malycheva, adjointe à la
directrice, responsable administrative des dossiers français, Mme Inessa
Kotchkina, adjointe à la directrice, juriste.
Pour la MAI: Mme Bénédicte Vassalo, responsable de la MAI et
Mme Sophie Renaud , chargée de l’Ukraine.
Pour l’APAEU: Pascale Beau
(vice-présidente), Agnès Luquet (permanence téléphonique) Christophe Huet
(dossier adoption sur internet)
Pour l’association EFA (enfance et famille d’adoption) :Marie-Hélène
Theurkauf Pour l’association
MAS (mouvement pour l’adoption sans frontière): Martine Gazelle
Pour l’association FFOAA(Fédération francaise des organismes agréés pou
l’adoption): Monsieur Brémaud
Une représentante de
l’association « de Pauline à Anaelle »
INFORMATION GENERALE
Faite par Mme Vassalo de la MAI après une première réunion de travail avec
Mme Kunko la veille.
L’adoption en Ukraine par des français
existe depuis 1997, date de la création du centre d’adoption.
En 1997, 3 enfants ont été
adoptés par des familles françaises En 1998, 29 enfants ont été adoptés par
des familles françaises
En 1999, 51
En 2000, 61
En 2001, 130
Depuis le début de l’année
2002, 64 enfants ont été adoptés par des familles françaises.
L’âge de ces enfants se situe
majoritairement entre 1 et 3 ans (175 enfants),
les enfants plus jeunes sont minoritaires, les enfants plus âgés également
(37 de 5 à 7 ans, 14 de plus de 7 ans).
L’Ukraine travaille avec 15 pays d’accueil,
Surtout les
USA, l’Italie, l’Espagne, la France,
Puis l’Allemagne, la Suède,
la Belgique la Suisse et l’Argentine.
Les USA sont passés de 25% des
enfants adoptés à l’international à 47% en un an.
Depuis 1997, 26000 enfants ont été adoptés dont 7200 par l’adoption
internationale.
L’augmentation du niveau de vie ukrainien a
entraîné une hausse de l’adoption par les familles ukrainiennes des enfants
jeunes, ce qui explique en partie la raréfaction des jeunes enfants proposées
à l’adoption internationale.
A noter aussi l’émergence de la possibilité de l’exercice d’une tutelle
des familles ukrainiennes sur les enfants des orphelinats pouvant mener à l’adoption par ces familles, de placements
de plus en plus nombreux en familles d’accueil et de pensionnats pour des
placements provisoires, nombres de dispositions qui permettent aux enfants de
rester sur le territoire ukrainien.
De plus, la population globale
chute en Ukraine et le taux de natalité chute d’une année sur l’autre,
compte tenu des difficultés économiques et sociales de ce pays.
Beaucoup d’enfants sont placés
temporairement par leurs parents en orphelinat, lorsqu’ils traversent une période
difficile, et les reprennent après, ce qui explique que beaucoup d’enfants
qui vivent en orphelinat ne soient pas adoptables.
Deux phénomènes nouveaux sont apparus:
-La
naissance d’une liste d’attente, qui
est apparue il y a 8 mois, qui concerne les familles étrangères, mais aussi
les familles ukrainiennes qui souhaitent adopter ( information que la MAI va
faire apparaître sur sa fiche plus clairement en plus des limitations sur l’âge
des enfants proposés actuellement, en tout cas jusqu’en janvier prochain pour
les nouvelles demandes).
–La réglementation : le décret
de 99 sur la procédure d’adoption en Ukraine est en train d’être modifié :
-
projet de modification sur le suivi de
l’enfant qui ne serait plus que de 3 années
et non plus jusqu’aux 18 ans de
l’enfant
-
amendement du Code de la famille.
Mme Kunko prend la parole. Elle est
manifestement très heureuse d’être là et d’avoir
la possibilité de travailler en direct avec les autorités françaises.
-
Elle réaffirme l’importance des liens qui lient l’Ukraine à la France,
comprend le rayonnement de la France et se réjouie que les enfants d’Ukraine
puissent vivre dans ce pays.
-
Elle comprend les préoccupations des
adoptants français et s’excuse pour les difficultés
rencontrées par ces
derniers venus récemment en Ukraine.
Malheureusement, tout ne peut pas se régler
facilement à un niveau personnel compte tenu de l’accroissement des demandes,
et le contexte législatif rajoute des difficultés supplémentaires.
L’adoption internationale est
mal perçue par certains fonctionnaires et le centre d’adoption a un vrai
travail pédagogique à faire à ce niveau là.
Elle rappelle que le pays a
ratifié la convention des droits de l’enfant et qu’il est tres important
que chaque enfant ait droit à une famille, y compris les plus grands, qu’il
faut donner un espoir à ces enfants.
Le centre d’adoption gère l’adoption nationale et internationale, et est très
sollicité par le gouvernement et le parlement pour préparer les textes législatifs,
les notes, les rapports. Tout le temps passé à cela le prive d’un contact
plus approfondi avec les adoptants.
A cela se rajoute la gestion
des problèmes rencontrés par les familles en région où certains orphelinats
sont peu habitués à l’adoption internationale, d’où le travail de
formation de ces personnels qui incombe aussi au centre d’adoption.
Toutes ces tâches font que Mme Kunko n’a pas toujours suffisamment de temps
à consacrer aux familles et qu’elle le déplore.
Elle est très consciente de
l’attente des familles et essaie de faire son possible pour améliorer le système
de la liste d’attente, pour réguler le processus et permettre d’améliorer
l’accueil des familles au deuxième voyage.
Il y a eu 26000 enfants adoptés depuis I997, et il y a actuellement 17000
candidats à l’adoption enregistrés, alors que la plupart des enfants
adoptables ont 7 ans ou plus. Elle espère que certains enfants de 7 ans ou plus
vont trouver un accueil dans une famille française.
La fédération échanges
France-Ukraine, association française qui accueille des enfants ukrainiens à
partir de 7 ans pour passer l’été chaque année dans une famille française,
a permis aussi l’adoption des certains de ces enfants par les familles françaises
accueillantes, et c’est une bonne pratique pour l’enfant.
Il y a actuellement, depuis 2002, 100 demandes françaises non satisfaites et 64
enfants déjà adoptés, ce qui explique en parti l’échec au premier voyage,
mais chaque départ de français sans enfant est vécu comme une tragédie au
centre d’adoption et mme Kunko fera tout son possible pour faciliter les démarches
de la famille pour le deuxième voyage, pour les dossiers déjà enregistrés
au NAC, et pour donner satisfaction à la demande de ces familles.
De plus, la collaboration entre
le Consulat d’Ukraine en France et la MAI est bonne.
Madame Kunko voudrait dissiper les rumeurs sur un favoritisme qui existerait
pour les USA l’Italie et l’Espagne au détriment de la France. Les demandes
sont simplement différentes avec un pôle général important pour les plus de
quatre ans, les Américains adoptent beaucoup des enfants très malades et très
handicapés, certains pays adoptent peu, la Suède (2 enfants par mois, la
Suisse (2 ou 3), la Belgique (4) et le Canada a une liste limitative des
maladies qui réduit les adoptions. En Suisse et en Suède, ce sont des chiffres
négociés avec chaque pays et cette limitation permet la satisfaction de ces
demandes.
En Espagne, il y a eu jusqu’à
20 dossiers par jour et le centre d’adoption a demandé à l’Ambassade de
stopper les demandes.
Depuis Février un nouveau décret
du Ministère de la Santé élargit le registre des maladies permettant aux
enfants de moins de un an d’être adoptés à l’étranger, avec des maladies
moins importantes qui se sont ajoutées à la liste. ( Car seuls les enfants de
moins d’un an atteints d’une maladie peuvent être adoptés à l’adoption internationale, sinon il faut qu’ils aient I4
mois d’enregistrement au NAC) .
Une grosse accumulation de dossiers a poussé le Centre d’adoption à demander
aux Ambassades américaine, allemande, italienne et espagnole de suspendre pour
un temps la réception des nouveaux dossiers d’adoptants, car il est anormal
que les familles Ukrainiennes se retrouvent en attente pour adopter des enfants
de trois à quatre ans ou des fillettes, donc il faut écluser ces demandes
avant d’accueillir de nouvelles demandes à l’adoption internationale et
attendre que celles en cours soient traitées.
Mais cette situation est très conjoncturelle et peut se modifier. Elle aura sans doute changée
à partir de janvier 2003. En attendant, le centre privilégie
l’adoption des enfants les plus jeunes par des familles ukrainiennes et
l’adoption des enfants plus grands à l’internationale pour ce qui est des
dossiers déposés actuellement.
Pascale
Beau présente l’APAEU qui a pour première
vocation de créer des liens durables avec l’Ukraine et ajoute que
l’association ne peut que se réjouir que les Ukrainiens adoptent plus, mais
que nous avons toujours envie d’aider
de nouveaux Français dans leur démarche d’adoption en Ukraine. Elle pose
la question des dossiers qui seront périmés au bout d’un an alors que la procédure
s’allonge et demande ce que nous devons dire aux nouvelles familles qui veulent adopter.
Mme Kunko s’engage à faire tout son possible pour traiter les 100 dossiers en cours déposés au centre d’adoption avant
qu’ils ne soient périmés, en essayant de donner satisfaction aux familles en
fonction de leur projet. C’est-à-dire que c’est
aussi aux familles de secouer leur interprète en leur précisant la date de péremption du dossier pour qu’ils aient un rendez-vous au centre d’adoption
avant la péremption de leur dossier, madame Kunko s’y étant engagée (par
contre, c’est l’interprète qui peut ne pas être libre à cette période,
alors peut être faut-il changer d’interprète).
Le centre a reçu une lettre de
remerciement de l’Ambassade de France car toutes les demandes pour l’année
2001 ont été satisfaites.
Quant à la suite des évènements,
pour les nouveaux adoptants ( c’est à dire les dossiers non encore déposés
au Centre d’adoption), elle est claire :
Mme Kunko
n’accepte plus que des dossiers pour des enfants de + de 7 ans pour 2002.
Dans tous les
autres cas, il faudra attendre au moins janvier 2003, date à laquelle elle
pense que la situation redeviendra plus facile pour des enfants plus jeunes.
Pascale Beau
demande si le centre prend en compte les familles ayant déjà un enfant jeune
biologique ou adopté et qui ont donc un agrément limitatif sur l’âge à
l’adoption d’un second enfant.(souvent les ddass souhaitent que le deuxième
enfant soit plus jeune que le premier).
Dans
la situation actuelle , la réponse reste la même que pour toute nouvelle
demande, mais comme la situation risque d’évoluer en 2003 en faveur de plus
jeunes enfants proposés à l’adoption internationale, Mme Kunko propose aux
familles concernées d’écrire un courrier au commencement du dossier en
France afin que le centre puisse planifier le traitement des dossiers le plus tôt
possible.
Marie-Hélène
Theurkauf (EFA) souligne que les deuxièmes adoptions vont augmenter, beaucoup
des premières adoptions ayant été effectuées en 2000 et 2001.
Mme Gazelle
du MAS présente son association qui regroupe les associations de parents
adoptifs du Mali, Chili, Madagascar, Colombie … Elle pose la question de la
ratification de la convention de La Haye.
Mme Kunko
nous informe que cette question a été mise à l’ordre du jour au parlement
ukrainien mais que devant le caractère houleux de la discussion , le sujet a été
abandonné. Le centre a traduit la convention et dans ses actes en respecte les
grands axes mais le contexte politique actuel ne permet pas la ratification.
Certains
aspects sont néanmoins en projet dans le nouveau code de la famille et vont être
bientôt adoptés :
Il n’y aura
pas de limitation du nombre
d’adoptions par famille .
Par rapport
à la recherche des origines, l’enfant pourra désormais connaître
l’identité de ses géniteurs à partir de 14 ans, aidé par les services
sociaux ukrainiens. Le problème est soulevé de l’accompagnement de
l’enfant dans ses recherches, car il convient qu’une structure s’occupe de
la rencontre entre l’enfant et sa famille biologique.
De plus,
madame Kunko encourage les familles adoptantes françaises à faire connaissance
du pays d’origine de leur enfant, à savoir l’Ukraine.
Marie-Hélène
Theurkauf de l’EFA demande les pathologies qui reviennent le plus souvent. La
situation est difficile. le
contexte social n’est pas très favorable et la démographie est en baisse
d’une manière très alarmante. Les pathologies les plus répandues sont les
problèmes cardiaques, les hépatites, les paralysies cérébrales, les maladies
du système nerveux (souvent guérissables), les maladies vénériennes
(syphilis).
Mr Bremaud,
de la Fédération Française des Organismes Agrés pour l’Adoption (OAA)
parle de l’association « de Pauline à Annaëlle », seule des 23
OAA à être agréée pour l’Ukraine et qui n’y a fait aucune adoption. La réponse
est claire : La législation ukrainienne n’autorise que les adoptions
directe individuelles et impose la présence sur place des adoptants.
Enfin, il y a
extrèmement peu de petites filles de moins de 7 ans non adoptées par les
ukrainiens et qui peuvent être adoptées à l’international.
La séance de
travail est levée et la délégation est allée visiter la MAI
Ce
document a été rédigé par l'APAEU -
Dernière mise à jour le 19/06/2002
|